samedi 18 novembre 2017

3472

J’ai pourtant photographié tous les membres de cette communauté invisible…


crevé, le pneu
il s’est mordu
la queue


… constituée justement de tous ces inconnus que j’ai accepté, à leur demande, de prendre en photo avec leur appareil.

vendredi 17 novembre 2017

3471

C’est un véritable fléau. Il sépare le bon grain de l’ivraie.


Si elle ne se rasait pas de près chaque matin dans le miroir de l’étang, la grenouille serait chassée férocement pour sa fourrure incomparable.


Quel monde laisserons-nous au rossignol ?

jeudi 16 novembre 2017

3470

Il est stupide de faire un épouvantail de nos vieux vêtements alors que nous sommes beaucoup plus effrayants tout nus.


Si la taupe n’était aveugle, elle nous confirmerait peut-être que l’arc-en-ciel boucle son cercle sous la terre.


Oui, enfin, ta patate chaude n’est pas non plus une grenade dégoupillée, hein…

mercredi 15 novembre 2017

3469

Se peut-il que notre cher disparu s’éprouve encore dans l’espace comme une douleur fourmillante de tout son être absent ?


J’ai regardé la vache et la poule et je me suis dit qu’il n’aurait pas été inintéressant, tout de même, après si longtemps, de les voir tenter autre chose.


L’homme ne fut jamais ce gentil cueilleur inoffensif : toujours il fallut briser la noix et pourfendre l’ananas.

mardi 14 novembre 2017

3468

Ce misanthrope soudain requinqué s’est mis au travail. Grâce aux nouvelles technologies, en effet, le rêve d’un monde meilleur cesse d’être une utopie. Son application ‘’Tous indésirables’’, active en permanence, sera bientôt disponible.


Tant s’affaire depuis toujours la souris qu’elle serait aujourd’hui fort prospère si, ceux-ci à peine esquissés, elle ne dévorait tous ses plans.


Sa vie est une routine accablante : Musso, boulot, dodo.


[Amis de Bretagne, samedi prochain à 20h, je serai à la librairie La Dame blanche de Port-Louis en compagnie de Joël Jouanneau, pour une rencontre autour de Ronce-Rose et de l’enfance.]


lundi 13 novembre 2017

3467

Voici venue l’heure des aveux. Comme l’ont deviné quelques rares lecteurs moins jobards qui se sont courageusement mués en lanceurs d’alerte, l’opération ‘’Autofictif intégral’’ (nom de code : Ultraconfidentiel) n’est qu’une vaste arnaque montée par mes éditeurs et moi-même afin d’abuser l’ingénu visiteur de ce blog et de faire main basse sur ses économies de toute une vie.


Bourrelé de remords, je décide aujourd’hui de parler. L’idée de cette escroquerie a germé dans nos cerveaux – comme la ronce acerbe dans la fange putride – il y a dix années de cela. Jour après jour, patiemment, sans dévier jamais de notre plan diabolique, j’ai ferré le lecteur de passage en lui offrant trois fragments de prose, comme le fit des tuiles pralinées de son toit la sorcière qui convoitait les gigots d’Hansel et Gretel.


Or, après avoir débité ce journal en petits volumes annuels coûteux et redondants, voilà que nous touchons au but : vendre au malheureux prisonnier de ce piège infâme le dixième tome broché avec les neuf premiers en un unique gros ouvrage hors de prix ! Et tandis qu’il maudira sa crédulité en cherchant un dernier sou pour son pain dans la poche trouée du seul caleçon qu’il aura pu soustraire, en s’asseyant dedans, à l’inique réquisition des huissiers, nous nous envolerons, mes éditeurs et moi, riches de tout son or, pour quelque paradis caribéen où nous jouirons sans mesure des plaisirs de la vie. Honte sur nous.

dimanche 12 novembre 2017

3466

Tu trempes ta fourchette dans l’encre et, en écrivant 25 fois seulement Malice et sournoiserie sont de vilains défauts, tu as tes 100 lignes.


Hélas tic… hélas tic… hélas tic…


Tu voulais renouer mais il a rompu, j’ai bien compris, mais tu me parles de ton ami ou de ton lacet ?