jeudi 9 mars 2017

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Il est des livres qui seraient impossibles à écrire, sauf qu’il est impossible déjà de ne pas les écrire.

De la perte de son fils, de cette douleur, de cette colère, de cette impuissance, que faire ? La main qui caressait l’enfant, qui maintenant voudrait écraser l’ordonnateur funeste de nos destins – lequel lâchement allègue le hasard et la fatalité, puis, peu convaincant, se dérobe dans l’inconcevable, dans l’inexistence –, cette main, la main du père, va faire ce qu’elle sait faire, donc : écrire.

Winter is coming, un livre de plus, un livre encore ? Inévitablement. Mais un livre admirable, un livre d’amour invaincu. Il n’y aurait que l’être ou le non-être, cette pétrifiante alternative ? Il y a pourtant l’écriture qui excède ces catégories, où la vie obéit à d’autres lois, s’inscrit dans une autre durée, sous une autre forme, dans un autre corps.