dimanche 30 avril 2017

3288

Hola ! te salue cavalièrement l’Espagnol, mais ola, c’est aussi le nom de la vague qui plus respectueusement s’incline.


Si fin, ce soir, son croissant dans le ciel, qu’il me paraît improbable que l’homme ait posé plus que l’ongle du gros orteil sur la lune.


Mais le devoir me rappelle dans le lointain pays, tant de poètes faméliques à nourrir, tant de pitres à démolir encore. Allons, il faut rentrer.

samedi 29 avril 2017

3287

Et cet autre cactus, là, parmi les configurations géométriques abruptes de la lave, tente bien d’arrondir les angles, mais les dards de cinq centimètres qui hérissent ses raquettes compromettent grandement son intervention.


Une plage pour la Maja desnuda, une plage pour la Maja textile.


– Oh, mon lacet est dénoué ! m’écriai-je. Le fait n’était pas très remarquable en soi, j’en conviens, mais je marchais alors au fond du cratère d’El Cuervo où la banale anecdote me parut inédite.

vendredi 28 avril 2017

3286

Voici un fort beau cactus, avec un grand bras levé, l’autre ouvert en coude sur le côté, semblable à un valseur invitant à la danse : – Madame ?


Ce paysan de l’île se frotte les mains. L’année sera bonne. La goutte de pluie a chu juste sur son champ.


Et le soir, malgré la douche, quand nous nous couchons, se déposent sur le drap blanc du sable noir, des cendres, des grains de lave et parfois même de lourdes pierres grêlées de trous qui s’éboulent mystérieusement de nos corps rompus.

jeudi 27 avril 2017

3285

– J’ai commencé à écrire le roman que je publierai après votre mort, me dit fièrement le jeune homme que je forme pour être mon successeur.


Et il ajoute : – J’en vois même déjà le bout.


– C’est bien, mon garçon, de mon côté j’attaque le douzième volume de mon œuvre posthume qui devra bien sûr être publiée avant, au rythme d’une parution tous les trois ans.

mercredi 26 avril 2017

3284

Des murets, partout des murets, pour délimiter les cultures, pour protéger la vigne, pour retenir les éboulements de ces friables montagnes, et pourtant, depuis que je suis ici, je n’ai pas vu un homme poser une pierre sur une pierre. Or le mystère est complet, car les lézards non plus ne sont pas très actifs.


Emmanuel Macron a promis de s’entourer de « nouveaux visages ». Premiers invités pour fêter son succès à La Rotonde : Jacques Attali, Line Renaud, Pierre Arditi et Erik Orsenna (vous verrez qu’il sera ministre de la culture, celui-là)… Visages si usés qu’on ne peut simplement les regarder sans se sentir soi-même bien fatigué. Et dire qu’il va pourtant falloir voter pour eux…


MOI (en haut de la falaise) – J’ai peur du vide…
SUZIE – Ben quoi ? Il peut rien te faire !

mardi 25 avril 2017

3283

Champs de lave pareils à des champs de ruines ; preuve ainsi faite que l’on peut très bien se passer de la civilisation.


Mais comment est-ce possible, ces paysages immenses sur une si petite île ?


Le volcan a parlé. Il ne nous a laissé qu’un mot à dire. Nos maisons, nous les ferons blanches.


lundi 24 avril 2017

3282

Après son troisième meurtre, il s’interrogea une fois encore. Mais non, il n’éprouvait toujours pas de remords. Cette morsure de la culpabilité, il la recherchait pourtant, il voulait la connaître, ce devait être une émotion délicieuse. Avec un soupir, il remit sa hache sur son épaule et sortit dans la rue.


A Playa de Quemada, les cônes volcaniques se découpent nettement sur le ciel et la mer. Les champs de terre noire, rigoureusement rectangulaires, tranchent sur l’ocre et paille du sol alentour. Le regard semble gagner en acuité, ou est-ce le monde qui s’ordonne ?  Mais ce qui est une satisfaction pour l’œil est sans doute une épreuve pour l’esprit. Les Français votent à tâtons et vont élire une silhouette dans le brouillard.


La langue d’Agathe fourche et elle prononce un mot absurde qui la fait rire : – Je ne sais pas pourquoi ça me dit ça !

dimanche 23 avril 2017

3281

Je parcours nonchalamment à dos de dromadaire les ''Montañas del Fuego'' de Timanfaya.


Houellebecq ricane dans un coin du paysage.


Hervé Vilard de même aura tenté en vain de me pourrir Capri.


samedi 22 avril 2017

3280

Sur les pentes de La Geria, la vigne pousse dans des excavations rondes creusées par l’homme, larges de trois mètres environ, bordées sur la moitié de leur pourtour d’un muret de pierres. Chaque cep ou presque a la sienne, comme un Christ dans son alcôve : ceci est mon sang. De loin, on croirait voir déjà le cul des bouteilles soigneusement alignées.


Reconnaissons que ces volcans jadis dévastateurs et meurtriers font l’impossible pour se faire pardonner. De leurs cratères jaillissent désormais des flots de malvoisie.


Nous avons vu aussi le Jardin des cactus qui propose au visiteur pantois pas moins de 1500 espèces différentes, toutes aussi profondément marquantes, de griffures et d’estafilades. 

vendredi 21 avril 2017

3279

AGATHE – Ça doit être facile à faire en peinture, les champs de colza !


Cette pertinente remarque depuis la voiture, comme nous traversons la France paysagée au Stabilo, jusqu’à la Suisse et l’aéroport de Genève.


Puis nous fermons les yeux et l’avion nous dépose sur l’île noire de Lanzarote. 

jeudi 20 avril 2017

3278

ah, mais pardon, désolé…

je dois abréger…

… on m’attend à Lanzarote.


mercredi 19 avril 2017

3277

La malveillance et la brutalité deviennent de plus en plus flagrantes. Vous êtes là, bien tranquille, et soudain quelqu’un, sans raison, se met à entonner un chant traditionnel sarde.


maman maquille en clown
sa fille puis avale
dix cachets de gardénal


Il prétend être un de mes lecteurs, or je suis pour ma part certain que je ne le connais pas.

mardi 18 avril 2017

3276

On ne le dira jamais assez, le bon libraire est celui qui est capable de conseiller les clients dont il connaît les goûts. C’est ainsi que le plus grand de tous, Amazon, recommande aux lecteurs de mon nouveau livre, Détartre et désinfecte, des liens susceptibles de les intéresser : ‘’Vinaigres ménagers, l’atout quotidien de la maison’’, ‘’Désinfection par voie aérienne’’ et ‘’Détartrant pour cafetières’’.


Le mort a encore trouvé le temps d’enfiler un costume tout à fait distingué.


Il est bien inutile d’accabler Dieu. En créant l’homme à son image, n’a-t-il pas suffisamment montré en quelle piètre estime il se tenait lui-même ?

lundi 17 avril 2017

3275

Quand je pense que si tous les électeurs de Jacques Cheminade achetaient mon roman, on parlerait d’un beau succès de librairie…


Or la Belle au Bois dormant était une vraie princesse et, dès que le baiser dissipa le sortilège, elle se dépêcha de retirer de sous sa couche le petit pois qui lui vrillait le dos insupportablement depuis cent ans.


Il ne me paraît pas très honnête de comparer la tenue de nos religieuses au long voile islamique, car les bonnes sœurs n’ont aucune gêne quant à elles à laisser voir leurs grands pieds jaunes dans leurs sandalettes de cuir.

dimanche 16 avril 2017

3274

Cet écrivain ne rate pas une occasion de venir s’écouter parler dans les rencontres publiques. Et pourtant, il répète toujours la même chose.


L’échange des noms s’impose puisque la pie va toujours par deux et pas l’épi.


Ha ! j’ai encore perdu mon aiguille dans la meule de foin ! jura le taxidermiste.
Et la peau du renard béait sur son genou.

samedi 15 avril 2017

3273

Un vieux couple chancelant traverse la pelouse, lui, cramponné à sa canne, lourd et soufflant, elle, attachée à son bras, voûtée, squelettique, l’épaule pointue, les cheveux hérissés sur une tête qui dodeline – les voici au terme d’une existence qui fut peut-être paisible et routinière, usés seulement par le temps, que l’on dirait pourtant surgis des décombres d’une maison, des débris d’un avion, rescapés traumatisés d’une terrible épreuve.


– Tu me files une taffe ?
Comme c’était le vent, je n’ai pas pu refuser.


Montrez-moi un homme plus différent de moi que mon semblable.

vendredi 14 avril 2017

3272

Malgré leur association, le tigre et le requin ne sont pas parvenus à reprendre au moustique le contrôle du crime organisé.

Il n’y a pas de valet de chambre pour le grand homme.

Il est bien facile de mourir en héros, sachant que l’on ressuscitera au prochain épisode.


[Parution aujourd’hui de Détartre et désinfecte, un recueil de textes courts aux éditions Fata Morgana, avec des illustrations originales de Richard Texier. Avec le secret espoir de susciter chez le lecteur un réflexe compulsif d’achat, je donne ci-dessous l’un de ces textes.]


PIERRE ET LE LOUP

Bien, bien, bien, c’est charmant, Pierre et le loup, je ne le nie pas, une bonne introduction à la musique d’orchestre pour le public enfantin auquel il s’agit de vendre cette manifestation incongrue et fastidieuse du génie humain, ce feu d’artifices de cuivre astiqué et de bois verni, ce spectacle de stricts personnages tout de noir vêtus, remuant leurs maillets, leurs baguettes, leurs archets, comme s’il ne suffisait pas à un brave homme de savoir correctement manier la pelle, le vilebrequin, la scie, la louche et la fourchette à huîtres. Sergueï Prokofiev a estimé non sans raison, malice et sournoiserie qu’il fallait enfumer ces petits loustics qui risquaient fort de geindre et de faire du tapage si on ne les distrayait opportunément avec un conte naïf de cet ennui compassé, solennel, symphonique.

Et donc, comme on sait, comment l’ignorer, il a eu l’idée d’attribuer à chaque personnage du récit un instrument de l’orchestre et une phrase musicale afin que l’enfant ingénu, ignominieusement manipulé et réduit au silence, reste en place sans bouger sur son siège. C’est ainsi que les cordes introduisent Pierre, le petit héros joyeux et souriant, la flûte légère et gazouillante l’oiseau, le hautbois mélancolique le canard, la clarinette le chat aux pattes de velours, les cors sévères et sombres le loup, le basson grondeur le grand-père qui bougonne, la timbale et la grosse caisse les chasseurs. L’histoire est simple : Pierre brave les consignes de son grand-père et s’aventure dans la campagne, il rencontre un chat, un oiseau et un canard qui se houspillent donc en musique. Plus tard, un loup dévore le canard. Pierre juché sur une branche capture le loup avec l’aide de l’oiseau et au moyen d’une corde, les chasseurs qui le traquaient arrivent trop tard et c’est à la fin un tumulte parfaitement orchestré de liesse collective.

Un récitant raconte cette belle histoire à laquelle l’auditoire ne comprendrait rien s’il devait s’en remettre à la seule expressivité narrative de la musique, mais enfin, c’est guilleret, enlevé, efficace. Dans l’enfance, nous avons trois ou quatre fois l’occasion d’écouter ce concert, puis de voir encore plusieurs adaptations en dessins animés. Pas un Noël enfin, pas un anniversaire, sans qu’une tante mélomane pour ne pas dire grincheuse nous en offre un nouvel enregistrement sur disque, Pierre et le loup, encore eux, avec pour récitant tel ou tel comédien à la voix suave. Ils doivent tous un jour ou l’autre incarner le rôle, c’est le critère d’une carrière réussie, avec Hamlet et Don Juan, impossible d’y couper.

Mais voilà où le bât blesse, l’enfant matraqué de Pierre et le loup, abruti, saturé, finit par assimiler pour de bon et définitivement les instruments aux personnages qu’ils incarnent arbitrairement dans cette histoire. Je suis victime de ce syndrome, à jamais de ce fait perdu pour la musique. Car si, dans la pièce instrumentale de Prokofiev, le récit fait exprès évidemment se tient, il n’en va pas du tout de même pour les autres morceaux du répertoire classique. Mais pour moi, comprenez-vous, le basson grondeur sera toujours un grand-père qui bougonne, le hautbois mélancolique un canard, la flûte légère et gazouillante un oiseau, la douce clarinette un chat aux pattes de velours, la grosse caisse un chasseur, le cor sévère et sombre un loup qui sort du bois, et le violon ce garnement de Pierre joyeux et souriant.

Imaginez alors les images de cauchemar qui me visitent quand j’écoute par exemple la symphonie Pathétique de Tchaïkovski : le canard mélancolique mange les yeux du chat aux pattes de velours qui meurt en lacérant de ses griffes le ventre de Pierre joyeux et souriant. Puis le grand-père grondeur épouse le canard mélancolique tandis que les chasseurs s’entretuent et que l’oiseau léger et gazouillant emporte le loup sévère et sombre pour le dévorer dans son aire ! Et le Chant de la nuit de Mahler : le loup sévère et sombre est ministre des finances, il fait voter une loi qui condamne le chat aux pattes de velours à écosser des petits pois. L’oiseau léger et gazouillant vomit de la colle à tapisserie. Pierre joyeux et souriant plume le canard mélancolique vivant et les chasseurs abattent le grand-père qui bougonne dans sa baignoire. C’est affreux, mais ce n’est rien encore à côté de ce qui se passe dans la Pastorale de Beethoven : Pierre joyeux et souriant viole son grand-père qui bougonne, le chat aux pattes de velours est devenu alcoolique, l’oiseau léger et gazouillant et le canard mélancolique n’apparaissent que sous forme de terrines périmées depuis trois jours, le loup sévère et sombre et les chasseurs découpent le monde en quartiers comme une orange. Et le Boléro de Ravel ! Quelle abomination ! Le loup sévère et sombre se fait passer pour le chat aux pattes de velours qui fait semblant d’être l’oiseau léger et gazouillant qui feint d’être Pierre joyeux et souriant qui se prend pour un chasseur qui se révèle être le grand-père grondeur du canard mélancolique. Et quand c’est fini, ça recommence. Le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy est pour moi une épreuve mortifiante. J’en sors à jamais humilié. Quant à la Symphonie fantastique de Berlioz, ce n’est qu’une succession d’actes contre-nature, un délire macabre et sordide que je préfère ne pas détailler. Il pourrait y avoir des enfants dans la salle.

jeudi 13 avril 2017

3271

La bibliothèque où j’ai mes habitudes, sise dans une ancienne église, attire souvent des groupes de visiteurs dont la curiosité se porte aussi sur les personnes studieusement attablées, étrange peuplade aux mœurs et aux rites si déconcertants. Quelquefois, comme si ça allait de soi, je me scarifie la joue au cutter.


Dans une version première du projet divin finalement retoquée, l’arbre croissait grâce à la vapeur produite par une chaudière à bois.


La Terre est ronde et nous allons mourir. Bon. Mais on nous demande quand même d’avaler de ces trucs…

mercredi 12 avril 2017

3270

Le visage et le torse de la belle étaient déjà à demi dégagés du bloc de marbre brut. Je cherchais alentour un sculpteur : personne. Et pourtant, la hanche à son tour commençait à saillir de la pierre. Je m’approchai et j’entendis alors la femme murmurer, d’une voix un peu rocailleuse encore : – Struggle for life…


Un accent de forêt, c’est ainsi que Suzie appelle l’accent circonflexe.


Le tyran et la harpie domestiques ont les yeux humides : ils fêtent aujourd’hui leurs noces d’or.

mardi 11 avril 2017

3269

Dans cette campagne profonde, je m’étais retiré avec un livre, un sandwich et l’intention de passer une après-midi tranquille dans le silence et l’isolement, et seul un autre homme, en effet, avait eu la même idée que moi, mais lui pour s’exercer à la trompette.


Sa robe est si transparente que l’on voit même son squelette à travers.


Écrivaine est un féminin aussi malencontreux que femmelette pour homme de lettres.

lundi 10 avril 2017

3268

– Ça devrait se vendre ! me dit mon jeune apprenti en m’apportant comme il le fait parfois le canevas d’un roman qu’il vient d’ébaucher.


Je parcours ses notes en hochant la tête, puis je le regarde d’un air dubitatif.


– Ça devrait se vendre, en effet, tu n’es décidément pas prêt à me succéder.

dimanche 9 avril 2017

3267

Certes, le Christ changea l’eau en vin aux noces de Cana et on lui en sut gré – sauf qu’au dessert, il changea ce vin en sang, lequel ne se marie pas très bien avec les choux à la crème de la pièce montée (n’importe quel sommelier vous le confirmera).


On m’affirme que le concombre est un grand cornichon, possible, mais il n’est pas le seul.


Quel homme ! Encore une conquête ! Il s’est masturbé de la main gauche.


samedi 8 avril 2017

3266

Puisque l’ours blanc est jaune, je ne vois pas pourquoi je ne construirais pas mon igloo avec des briques de beurre.


fleurs du cerisier
flocons légers
tremblement de terre


À chaque peine un jour ne suffit pas.

vendredi 7 avril 2017

3265

Les éditions Belfond annoncent pour le mois de mai un livre cosigné par Gilles Legardinier et Mimie Mathy, intitulé Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance ? Et moi, je me demande : vaut-il mieux le lire ou pas ?


Tant de gens vont en Patagonie chercher la solitude que je m’en garde bien par crainte de la foule.


J’avoue ne pas très bien comprendre non plus pourquoi les seins sont en forme de sonnette de comptoir, puisqu’à l’évidence, quand on appuie dessus, la fille est déjà là.

jeudi 6 avril 2017

3264

Le jeune homme que je forme pour prendre ma suite s’est mis subitement à me déballer tous ses souvenirs d’enfance ! Je l’ai interrompu : – Tu ferais mieux d’oublier tout ça, petit…


– Mais pourquoi devrais-je, Maître ?


– Parce que c’est mon autobiographie que tu écriras un jour, voyons, pas la tienne !

mercredi 5 avril 2017

3263

Quelle tête de brute ! Je ne lui confierais pas une fille nue de 20 ans à garder.


Le tisonnier croit dur comme fer avoir forgé le feu.


Les végétariens ne craignent-ils pas de partager le sort des autres herbivores et d’être dévorés par les carnassiers ?

mardi 4 avril 2017

3262

Encore un nouveau prix littéraire, ça devient vraiment ridicule ! Le Prix Eric Chevillard, donc, récompensera un livre d’Eric Chevillard paru dans l’année. Le jury sera composé de professionnels (cette année, Eric Chevillard, chroniqueur au Monde des Livres) et de simples lecteurs recrutés sur lettre de motivation (cette année, Eric Chevillard, un vrai passionné de littérature, pour reprendre les termes émouvants de son courrier).


Quatre titres ont été retenus par le jury : Ronce-Rose (éditions de Minuit), L’Autofictif à l’assaut des cartels (éditions de l’Arbre vengeur), Détartre et désinfecte (éditions Fata Morgana, à paraître en avril) et Défense de Prosper Brouillon (éditions Notabilia, à paraître en septembre).


Le mauvais esprit de l’auteur étant connu, la charte du prix stipule que celui-ci ne pourra sous aucun prétexte être refusé par le lauréat (quel qu’il soit).

lundi 3 avril 2017

3261

La tête de la girafe nous semble petite parce que nous la voyons d’en bas. Si nous parvenions à nous transporter à son niveau, nous constaterions qu’elle est énorme en réalité et que c’est le corps de l’animal qui est tout petit.


Le rectangle de la fenêtre fait le jardin à la française.


Proust aussi a pardonné son passé à madeleine.

dimanche 2 avril 2017

3260

Il était tout de même bien prosaïque d’attribuer à un cheval le rostre de l’invraisemblable narval.


Mais alors, si y a pas d’souci, pourquoi les Français sont-ils si râleurs et insatisfaits ?


AGATHE (à Suzie) – Peut-être que tu as un poisson d’avril dans le dos… retourne-toi !


samedi 1 avril 2017

3259

– Mais, Maître, vous m’offrez une gomme à chacun de mes anniversaires…


Ainsi se lamente encore le jeune homme que je forme pour être mon successeur.


– … alors que je n’ai toujours pas de crayon !