lundi 17 juillet 2017

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Pour l’avoir prise dans mes bras sans son consentement, pour n’avoir tenu aucun compte du désaccord qu’elle exprimait pourtant par des plaintes discordantes entendues par tout le voisinage, pour avoir – circonstance aggravante – profité lâchement de son handicap (elle n’a pas de bras) afin de me livrer sur elle à ces attouchements révoltants, la cour m’a condamné à une peine de vingt ans de réclusion assortie de l’interdiction définitive de m’approcher d’elle à moins de cent kilomètres. À la sortie du tribunal, ma guitare semblait satisfaite de la sentence.


J’ai si souvent fait mes adieux à l’île dans cette crique que, lorsque je la retrouve pour de joyeuses vacances, y rôde encore la mélancolie du départ qui annonce dès mon retour l’inéluctable séparation à venir.


J’accorde généreusement à mes filles la permission de parler un peu dans leur lit avant de dormir.
AGATHE – Suzie, papa veut bien qu’on parle un peu !
SUZIE – Ouais ! On va dire quoi ?